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Syndrome de Landau-Kleffner
Forme rare d'encéphalopathie épileptique avec activation des pointes-ondes dans le sommeil (EE-SWAS pour epileptic encephalopathy with spike-wave activation in sleep) caractérisée par une association variable de déficits cognitifs, de troubles du langage, du comportement et de troubles moteurs, et d'une activation marquée des pointes-ondes dans le sommeil. Dans le syndrome de Landau-Kleffner (SLK), le langage réceptif est principalement affecté, avec une agnosie verbale auditive acquise.
ORPHA:98818
La prévalence réelle est inconnue à cause de l'hétérogénéité des définitions et d'une reconnaissance tardive. On estime que l'encéphalopathie développementale avec épilepsie (D)EE-SWAS représente 1 % des épilepsies de l'enfance, dont le SLK ne représente qu'un petit sous-ensemble.
Le SLK affecte uniquement les enfants et les adolescents. L'âge d'apparition de la maladie varie entre 4 et 8 ans, mais peut aller de 2 à 12 ans. Le développement du langage est généralement normal, mais un retard de langage peut s'observer. L'aphasie acquise chez des enfants est la caractéristique principale de cette maladie qui se présente généralement sous la forme d'une agnosie auditive et verbale en l'absence de toute déficience auditive. L'aphasie expressive suit l'aphasie réceptive et la parole spontanée devient limitée. Des troubles du comportement, tels que des troubles de l'attention, une hyperactivité, une impulsivité et une distractibilité accompagnent souvent la régression du langage. Des convulsions surviennent chez deux tiers des patients. Elles sont généralement faciles à contrôler et disparaissent spontanément avant l'adolescence. Les types de convulsions observées comprennent les crises motrices focales (les plus fréquentes), les crises cloniques généralisées et les absences atypiques. L'évolution de la maladie est d'abord progressive avec des fluctuations spontanées de la sévérité au fil du temps.
L'étiologie est hétérogène et demeure souvent inconnue. Les lésions cérébrales structurelles sont très rares chez les patients atteints de SLK contrairement à ceux atteints de la (D)EE-SWAS. Des variants génétiques peuvent être impliqués ; les variants de GRIN2A (16p13.2) semblent être à l'origine de ce phénotype. Divers autres variants génétiques ont été rapportés, notamment de ZEB2, CNKSR2 et des délétions en 17q21.31, chacune présentant des caractéristiques cliniques, des tracés EEG et un âge d'apparition uniques.
Le diagnostic repose sur une évaluation neuropsychologique, y compris du langage, et un électroencéphalogramme de sommeil (EEG). L'EEG montre une activation (uni- ou bilatérale) des pointes-ondes pendant le sommeil non paradoxal, qui peut occuper plus de 85 % du tracé, mais qui peut être beaucoup plus faible. En général, la localisation des pointes et des ondes est temporelle et bilatérale, observée pendant l'éveil et activée pendant le sommeil, avec ou sans synchronisation bilatérale. Les tests génétiques font partie du bilan diagnostique.
Le diagnostic différentiel vise à écarter tout syndrome épileptique avec activation de l'activité épileptiforme pendant le sommeil (par exemple SeLECT, SeLEAS, troubles du spectre de l'autisme et déficience intellectuelle d'étiologies différentes) ; il convient de veiller à ne pas surdiagnostiquer le SLK en l'absence d'aphasie acquise manifeste et persistante. Les porteurs de variants de GRIN2A peuvent présenter un SLK ou d'autres phénotypes avec une épilepsie focale et des troubles sévères du langage expressif préexistants (dyspraxie verbale), mais sans régression du langage.
Les variants de novo sont trouvés dans la majorité des cas. Le risque de transmission et de récurrence dépend du variant identifié.
Les crises convulsives sont généralement bien contrôlées par des médicaments antiépileptiques. La carbamazépine, l'oxcarbazépine, la phénytoïne et le phénobarbital sont généralement à éviter en raison du risque d'exacerbation du tableau électroclinique. Un traitement aux corticostéroïdes peut être nécessaire pour améliorer ou stabiliser les capacités linguistiques. La chirurgie de l'épilepsie avec transection sous‐piale n'est actuellement pas disponible dans la plupart des centres, les preuves de son efficacité étant très limitées. Une rééducation intensive avec un orthophoniste est recommandée, avec recours, de manière transitoire, à la communication non verbale. Une scolarisation spécialisée, adaptée aux enfants souffrant de troubles du langage ou d'une déficience auditive, peut s'avérer nécessaire. Des évaluations neuropsychologiques et un EEG de sommeil effectués régulièrement par une équipe d'experts sont nécessaires pour adapter la prise en charge thérapeutique.
Les crises convulsives et l'activation des anomalies à l'EEG par le sommeil disparaissent spontanément vers la puberté. Le traitement permet d'améliorer le langage de façon variable, mais ne permet pas forcément de le restaurer à l'état antérieur à la maladie. Le pronostic définitif est influencé par le type de traitement et le moment de son administration, le développement cognitif antérieur à la maladie, la durée des symptômes et l'étiologie génétique (le cas échéant).
Dernière mise à jour : octobre 2024 - Editeur(s) expert(s) : Dr Anne DE SAINT-MARTIN | EpiCARE* - Dr F.E. [Floor] JANSEN | EpiCARE* - Pr Patrick VAN BOGAERT | EpiCARE*
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