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Hémoglobinose H
Forme intermédiaire d'alpha-thalassémie caractérisée par une hémolyse prononcée et une anémie légère à sévère avec une microcytose et une hypochromie marquées. L'hémoglobinose H (HbH) appartient au groupe des thalassémies non dépendantes de la transfusion.
ORPHA:93616
Une prédominance de l'hémoglobinose H est observée en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et dans le pourtour méditerranéen. La prévalence exacte n'est pas connue, mais celle qui ressort des programmes de dépistage des nouveau-nés aux États-Unis est estimée à 1/14 000, les personnes d'origine du sud-est étant les plus touchées.
Les caractéristiques cliniques sont très variables et se développent généralement au cours des premières années de la vie. Les premiers signes peuvent n'être remarqués que lors des analyses hématologiques de routine. Les patients présentent une anémie hémolytique hypochrome microcytaire variable, ne nécessitant pas de transfusion sanguine ou une transfusion occasionnelle lors d'épisodes infectieux, d'exposition à des agents oxydants ou de grossesse. On trouve fréquemment une splénomégalie. Les formes non délétionnelles d'alpha-thalassémie présentent généralement une anémie plus sévère, une splénomégalie, une hépatomégalie, une cholélithiase, un retard de croissance, une diminution de la densité osseuse, et nécessitent des transfusions plus précoces et plus fréquentes. Des modifications squelettiques affectant principalement le visage peuvent rarement se produire dans les formes non délétionnelles. La surcharge en fer survient à la suite de l'augmentation de l'absorption intestinale du fer, même en l'absence de transfusion.
L'hémoglobinose H est généralement causée par l'inactivation de trois allèles de la globine alpha, conduisant à la sous-production des chaînes alpha de l'hémoglobine, avec la formation de tétramères bêta-4 (HbH). Les tétramères HbH ont une forte affinité pour l'oxygène et sont très instables, précipitant sous forme de corps de Heinz toxiques. La formation de ces corps de Heinz est prédominante dans les globules rouges matures, ce qui induit une hémolyse prématurée plutôt qu'une érythropoïèse inefficace. Ce phénomène est exagéré en cas de stress oxydatif, ce qui explique l'hyperhémolyse associée en cas d'infection ou d'ingestion d'agents oxydants. La maladie est généralement causée par des variants hétérozygotes ou homozygotes composées dans l'un des gènes de globuline alpha (HBA1 et HBA2 ; 16p13.3), accompagnées d'une mutation hétérozygote dans l'autre gène. Dans certains cas, la maladie est due à des variants homozygotes de HBA2. La sévérité de la maladie dépend de sa base moléculaire : les patients porteurs des formes non délétionnelles de l'hémoglobinose H, telle que la mutation Constant Spring, sont plus sévèrement affectés que les porteurs des formes délétionnelles communes.
L'hémoglobinose H doit être envisagée chez les nourrissons ou les enfants présentant une anémie hémolytique microcytaire hypochrome légère à modérée et une hépatosplénomégalie. Les corps de Heinz peuvent être détectés sur des frottis sanguins après coloration au bleu de crésyl. L'analyse biochimique de l'hémoglobine révèle la présence de l'hémoglobine H (5 à 30 %). Un test génétique vient confirmer le diagnostic.
Le diagnostic différentiel vise à écarter d'autres anémies hémolytiques et l'alpha-thalassémie - déficience intellectuelle liée à l'X (ATR-X).
Le diagnostic prénatal est possible lorsqu'une forme grave d'hémoglobinose H a été identifiée auparavant chez un membre de la famille.
Le mode de transmission est autosomique récessif. Le conseil génétique dépend du génotype des parents ; lorsque le couple a déjà une descendance atteinte, le risque d'avoir une descendance atteinte lors des grossesses ultérieures est de 25 %.
Dans la forme la plus courante, plus légère, les patients peuvent avoir besoin d'un traitement occasionnel par transfusion sanguine. Dans les cas les plus sévères, des transfusions régulières sont nécessaires. Une splénectomie doit être réalisée uniquement en cas d'hypersplénisme avéré, car elle est associée à une augmentation des complications infectieuses et thromboemboliques. Une chélation du fer peut être nécessaire et la surcharge en fer doit être contrôlée par dosage des taux sériques de ferritine et par imagerie à résonance magnétique (IRM) du foie. La chélation du fer est indiquée chez tous les patients atteints d'hémosidérose. La prise en charge nécessite également une surveillance continue de la croissance, de la santé osseuse, de la taille de la rate et du niveau de fatigue. Une supplémentation en acide folique est recommandée.
La survie globale est variable, mais généralement bonne. Beaucoup de patients survivent jusqu'à l'âge adulte, mais certains connaissent une évolution plus compliquée de la maladie.
Dernière mise à jour : mai 2021 - Editeur(s) expert(s) : Dr Corinne PONDARRE
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