Accueil > Maladies rares > Recherche

Rechercher une maladie rare

*
(*) Champ obligatoire

Porphyrie érythropoïétique congénitale

Contribuer
Votre message a été envoyé Votre message n'a pas été envoyé. Veuillez contacter un administrateur.
Définition

Une porphyrie érythropoïétique rare caractérisée par une photodermatose non photoalgique, polymorphe, mutilante et très sévère.

ORPHA:79277

Niveau de classification : Pathologie

Synonyme(s) :
  • CEP
  • Maladie de Günther

Prévalence : <1 / 1 000 000

Hérédité : Autosomique récessive

Âge d'apparition : Tout âge

CIM-10 : E80.0

CIM-11 : 5C58.12

OMIM : 263700

UMLS : C5886774

MeSH : D017092

GARD : 4446

Résumé
Epidémiologie

Depuis sa description à la fin du XIXe siècle, environ 220 cas de porphyrie érythropoiétique congénitale (PEC) ont été rapportés dans la littérature.

Description clinique

La maladie se manifeste le plus souvent dès la naissance par une photosensibilité cutanée extrêmement sévère et mutilante, parfois révélée par la photothérapie d'un ictère néonatal. Les principaux symptomes incluent des lésions cutanées bulleuses rapidement érosives au niveau des surfaces photoexposées (mains, visage, pied) pouvant évoluer vers des lésions mutilantes et des cicatrices rétractiles invalidantes. Une hypertrichose est habituelle. Les urines sont souvent rosées à rouge sombre et colorent les couches des nouveaux-nés atteints. Dans les formes sévères, les patients présentent une hémolyse plus ou moins intense. Une splénomégalie importante peut apparaître, liée à l'anémie hémolytique. Une atteinte osseuse est constante avec raréfaction de la trame et risque de fractures multiples.

Etiologie

La PEC est due à un déficit en uroporphyrinogène-synthase (UROS, quatrième enzyme de la chaîne de biosynthèse de l'hème) qui entraîne une accumulation massive, dans la moelle osseuse, de porphyrines de type isomérique I (uro et coproporphyrines). Le déficit enzymatique est dû à des mutations du gène UROS (NM_000375.3), codant pour l'UROS. On a pu mettre en évidence un certain degré de liaison génotype-phénotype par l'identification de mutations dites « sévères » ou « modérées ». Dans 50 % des cas, on note la présence de la mutation « sévère » C73R.

Méthode(s) diagnostique(s)

Le diagnostic est facilement posé à partir de la mise en évidence d'accumulation massive de porphyrines de type isomérique I dans les urines et le sang. La mise en évidence d'un déficit en UROS dans les globules rouges et l'identification de mutations causales du gène UROS permettent de confirmer le diagnostic.

Diagnostic(s) différentiel(s)

Le diagnostic différentiel vise à écarter la porphyrie hépatoérythropoïétique, la porphyrie cutanée tardive, les porphyries hépatiques aiguës à expression cutanée et les épidermolyses bulleuses.

Diagnostic prénatal

Dans les familles à risque, un diagnostic anténatal est possible par analyse du liquide amniotique, dosage de l'activité enzymatique UROS et/ou analyse de génétique moléculaire dans les cellules amniotiques.

Conseil génétique

Le mode de transmission est autosomique récessif. Le conseil génétique doit être proposé aux couples à risque (les deux parents sont porteurs d'un variant pathogène hétérozygote) les informant que le risque de transmission de la maladie à l'enfant à chaque grossesse est de 25 %.

Prise en charge et traitement

Une photoprotection intense préventive est nécessaire pour éviter l'apparition de lésions cutanées et leur aggravation. Elle reprend les mesures préventives proposées dans la protoporphyrie érythropoïétique. Le risque d'infection des lésions est constant mais généralement maîtrisé par l'antibiothérapie. L'anémie hémolytique, la séquestration splénique et la thrombocytopénie font toute la gravité de la maladie nécessitant souvent des transfusions répétées avec comme conséquence une surcharge en fer dont la prise en charge est souvent difficile. Une splénectomie est souvent nécessaire. L'induction d'une carence en fer dans les formes modérées de PEC par la réalisation de phlébotomies prudentes s'est montrée efficace dans certains cas et pourrait constituer une option thérapeutique suspensive à vie, plus ou moins acceptée des patients et de leurs familles. L'allogreffe de moelle osseuse reste le traitement curatif de choix de la PEC donnant des résultats spectaculaires avec disparition de l'anémie hémolytique et cicatrisation des lésions cutanées.

Pronostic

Dans les formes sévères, le pronostic est dominé par l'anémie hémolytique et surtout la thrombocytopénie qui peut grandement diminuer l'espérance de vie des patients. Les fractures multiples conduisent souvent à une invalidité motrice. Pour le traitement de la PEC, un projet de thérapie génique ex vivo de cellules de la moelle osseuse est en cours d'élaboration.

Dernière mise à jour : mars 2024 - Editeur(s) expert(s) : Dr Neila TALBI | MetabERN*

* Réseaux de référence européens

Un résumé pour cette maladie existe en English, Logo ERN Español, Logo ERN Deutsch, Logo ERN Português, Logo ERN Nederlands Logo ERN
Informations détaillées

Logo ERN: produit/approuvé par un ERN Logo FSMR: produit/approuvé par une FSMR

Recommandations
Conduite à tenir en urgence
Français (2016.pdf) - Orphanet Urgences
Polski (2016.pdf) - Orphanet Urgences
English (2007.pdf) - Orphanet Urgences
Español (2007.pdf) - Orphanet Urgences
Italiano (2007.pdf) - Orphanet Urgences
Português (2007.pdf) - Orphanet Urgences
Recommandations pour la pratique clinique
English (2017) - Haematologica Logo ERN
Conduite à tenir pour l'anesthésie
English (2014) - Orphananesthesia
Čeština (2014) - Orphananesthesia
Article de synthèse
Revue de génétique clinique
English (2021) - GeneReviews
Toutes les informations et documents contenus dans ce site sont fournis uniquement à titre d'information. Ils ne visent en aucun cas à remplacer un avis médical spécialisé et ne doivent pas être utilisés comme base pour le diagnostic ou le traitement.