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Déficit en biotinidase
Forme à début tardif de déficit multiple en carboxylases, une anomalie congénitale du métabolisme de la biotine qui, en l'absence de traitement, se caractérise par des convulsions, troubles respiratoires, hypotonie, éruption cutanée, alopécie, surdité et retard du développement.
ORPHA:79241
Niveau de classification : Pathologie
- Déficit multiple en carboxylases par déficit en biotinidase
- Déficit multiple en carboxylases à début tardif
Prévalence : 1-9 / 100 000
Hérédité : Autosomique récessive
Âge d'apparition : Adolescence, Adulte, Enfance, Petite enfance, Néonatal
La prévalence du déficit en biotinidase (BD) est estimée à 1/61 000. La fréquence des porteurs dans la population générale est d'environ 1/120.
Les symptômes du déficit en BD apparaissent généralement au cours des premiers mois de la vie, mais une apparition plus tardive a également été rapportée. En cas de déficit profond non traité (activité sérique résiduelle de la BTD inférieure à 10 % de la moyenne normale), le tableau associe de façon variable convulsions, hypotonie, éruptions eczématiformes, alopécie, ataxie, surdité, infections mycosiques et retard du développement. Sur le plan métabolique, une acidose lactique avec cétose, une acidémie (−urie) organique et une hyperammonémie modérée sont possibles. En cas de déficit partiel non traité (activité résiduelle de 10 % à 30 % de la moyenne normale), les sujets peuvent être asymptomatiques et ne manifester qu'en période de stress (maladie intercurrente, fièvre ou jeûne) les mêmes symptômes qu'en cas de déficit profond. Il a été démontré que de nombreux adultes souffrant de neuropathie optique et/ou de neuropathie périphérique, souvent diagnostiquée à tort comme une sclérose en plaques, présentaient un profond déficit en biotinidase.
Le déficit en BTD est dû à des mutations du gène BTD (3p25) responsables de l'absence ou de la diminution de l'activité de la BTD. Cette enzyme recycle la biotine libre, non liée aux protéines, qui est nécessaire à de multiples processus métaboliques dépendant de la biotine. Il existe plus de 150 mutations connues du gène BTD qui sont à l'origine de la BD.
Le déficit est détecté par le dépistage systématique des nouveau-nés s'il est disponible. Sinon, le diagnostic repose sur les signes cliniques et il est confirmé par la mise en évidence de la faible activité sérique de la BTD. Il est également possible de pratiquer une analyse moléculaire de la mutation du gène BTD.
Les symptômes de la BD se recoupent avec ceux d'autres maladies métaboliques, notamment le déficit en holocarboxylase synthétase, le déficit en carboxylase isolée, les carences d'apport nutritionnel en biotine, en zinc et en acides gras essentiels. Le dépistage du déficit en biotinidase doit être envisagé chez tous les individus que l'on pense atteints de sclérose en plaques.
Le diagnostic prénatal pour les grossesses à risque est possible et peut être réalisé via une analyse enzymatique ou une analyse de mutation lorsque celle-ci est connue. Cependant, il n'est pas jugé nécessaire par la plupart des familles, car il existe un traitement efficace.
Le mode de transmission est autosomique récessif. Le conseil génétique doit être proposé aux couples à risque (les deux parents étant porteurs d'une mutation causale) les informant que le risque de transmission de la maladie à l'enfant à chaque grossesse est de 25 %. Les frères et soeurs des patients atteints de BD doivent être testés pour le déficit, même s'ils ne présentent pas de symptômes.
La supplémentation par voie orale en biotine sous forme libre, non liée aux protéines, améliore les signes des patients symptomatiques et prévient toute manifestation chez les sujets détectés par le dépistage néonatal ou dépistés avant tout symptôme. Une fois installées, certaines atteintes peuvent être irréversibles même sous traitement par biotine. La supplémentation par biotine doit être poursuivie à vie. Elle n'a pas d'effet indésirable grave connu. Les patients et leurs familles doivent être prévenus de l'importance de l'observance du traitement. Des bilans périodiques ophtalmologiques, neurologiques et métaboliques sont recommandés. Les oeufs ne doivent pas être consommés crus, car ils contiennent de l'avidine (un ligand de la biotine), mais cuits, car la cuisson inactive la liaison.
Le pronostic des patients diagnostiqués est excellent à condition qu'ils soient traités par la biotine avant l'apparition de symptômes et qu'ils observent le traitement. Chez les patients adultes présentant une neuropathie optique et/ou une neuropathie périphérique, l'amélioration des symptômes est probable grâce à une intervention précoce. Cependant, si ces personnes restent symptomatiques pendant une trop longue période, leurs symptômes peuvent être irréversibles.
Dernière mise à jour : septembre 2020 - Editeur(s) expert(s) : Dr Barry WOLF
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