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Syndrome du QT long congénital
Groupe rare de maladies génétiques du rythme cardiaque caractérisées par un allongement de l'intervalle QT à l'électrocardiogramme (ECG) basal et par un risque élevé d'arythmies potentiellement mortelles.
ORPHA:768
Niveau de classification : Groupe de pathologies
Prévalence : Inconnu
Hérédité : Autosomique dominante, Autosomique récessive
Âge d'apparition : Adolescence, Adulte, Enfance
La prévalence de la forme la plus répandue, le syndrome de Romano-Ward (SRW), est proche de 1/2 500 naissances vivantes. Les autres formes de (SQTL) familial sont extrêmement rares.
Les deux symptômes cardinaux du SQTL sont des épisodes de syncope, pouvant conduire à un arrêt cardiaque et à une mort subite, et des anomalies électrocardiographiques, comprenant un allongement de l'intervalle QT et des anomalies de l'onde T. En l'absence de caractéristiques extracardiaques, la maladie est qualifiée de SRW. Le syndrome de SRW lié au SCN5A est parfois associé à un bloc auriculo-ventriculaire de type 2/1 et à l'apparition très précoce d'arythmies cardiaques, notamment dans les cas de novo. Le syndrome de Jervell et Lange-Nielsen se traduit également par une surdité congénitale. Le syndrome de Timothy peut être associé à une syndactylie, une dysmorphie faciale et des caractéristiques neurodéveloppementales. Le syndrome d'Andersen-Tawil n'est plus considéré comme faisant partie du SQTL.
Tous les gènes responsables du SQTL identifiés à ce jour codent pour des sous-unités de canaux ioniques ou pour des protéines impliquées dans la modulation des courants ioniques Les mutations des gènes qui codent pour les canaux cardiaques de potassium et de sodium (KCNQ1, 11p15.5-p15.4 ; KCNH2, 7q36.1 ; SCN5A, 3p22.2) provoquent principalement la maladie en prolongeant la durée de la repolarisation et, donc, du potentiel d'action. Le KCNQ1 est le variant le plus courant responsable du SQTL.
Les cas typiques du SQTL ne posent pas de difficultés diagnostiques aux médecins connaissant la maladie, étant donné la spécificité des symptômes cliniques. Cependant, certains cas particuliers sont plus complexes et nécessitent l'évaluation de plusieurs données électrocardiographiques, cliniques et familiales, afin de réunir les critères diagnostiques spécifiques (le score de Schwartz). Un dépistage moléculaire est à présent inclus dans la démarche diagnostique.
Le diagnostic différentiel vise à écarter l'épilepsie, la tachycardie ventriculaire polymorphe catécholaminergique (TVPC) et le SQTL induit par les médicaments.
Le diagnostic prénatal doit être envisagé lorsque l'un des parents est atteint du SQTL.
La transmission est autosomique dominante ou autosomique récessive et dépend des gènes impliqués et de la forme du SQTL familial. Un conseil génétique doit être proposé aux familles concernées.
La prise en charge doit toujours débuter avec un traitement par bêta-bloquants sauf contre-indications valables. Si, malgré une dose maximale de bêta-bloquants, le patient présente des épisodes de syncopes, une dénervation sympathique cardiaque gauche (LCSD) doit être réalisée sans attendre. Un traitement par cardioverteur-défibrillateur implantable (CDI) doit être envisagé lorsque le degré de protection offert par les bêta-bloquants et les LCSD ne semble pas suffisant, la décision finale reposant sur les caractéristiques individuelles du patient (âge, sexe, antécédents cliniques, sous-groupe génétique comprenant des caractéristiques spécifiques à la mutation dans certains cas, et présence de signes ECG provenant d'enregistrements Holter de 24 heures, indiquant une forte instabilité électrique).
Le pronostic est généralement bon chez les patients qui sont correctement diagnostiqués et traités. Cependant, des exceptions existent chez les patients atteints du syndrome de Timothy, les patients atteints du syndrome de Jervell et de Lange-Nielsen porteurs de mutations de KCNQ1 et les patients atteints de SQTL liés à des variants de Calmoduline, TRDN ou SCN5A.
Dernière mise à jour : avril 2021 - Editeur(s) expert(s) : Pr Peter SCHWARTZ
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