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Paralysie périodique hypokaliémique

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Définition

Canalopathie neurologique musculaire rare d'origine génétique, caractérisée par des accès de faiblesse musculaire s'accompagnant d'une chute du taux de potassium sanguin.

ORPHA:681

Niveau de classification : Pathologie

Synonyme(s) :
  • Maladie de Westphall

Prévalence : 1-9 / 100 000

Hérédité : Autosomique dominante

Âge d'apparition : Adolescence, Enfance

CIM-10 : G72.3

CIM-11 : 8C74.10

OMIM : 170400 613345

UMLS : C0238358

MeSH : D020514

GARD : 6729

Résumé
Epidémiologie

La prévalence est estimée à 1/100 000 en Europe.

Description clinique

Les crises de faiblesse musculaire commencent généralement pendant l'enfance/adolescence (deuxième décennie de vie). Leur fréquence, durée (de quelques heures à quelques jours) et gravité (parésie focale à paralysie totale) sont variables. Elles affectent généralement les muscles des membres et épargnent les muscles faciaux et respiratoires. Les épisodes sont déclenchés par le repos après un effort intense, les repas riches en glucides et l'immobilité prolongée. Les autres facteurs peuvent être le stress, l'infection, les glucocorticoïdes, l'anesthésie et la grossesse. Dans un nombre indéfini de cas, la paralysie périodique hypokaliémique (hypoPP) peut être associée à une myopathie vacuolaire entraînant une faiblesse musculaire permanente et progressive, principalement dans les muscles proximaux des membres inférieurs. La myopathie peut survenir indépendamment des symptômes paralytiques.

Etiologie

Environ 70 % des cas sont associés à des mutations dans le gène du canal calcique musculaire CACNA1S (1q32.1) et 10 % des cas sont liés à des mutations du gène du canal sodique musculaire SCN4A (17q23.3).

Méthode(s) diagnostique(s)

Le diagnostic repose sur les antécédents, les tests électromyographiques et génétiques. L'hypokaliémie pendant les crises peut être très faible. Le taux de créatinine kinase (CK) sérique peut être légèrement élevé. L'EMG révèle des anomalies d'excitabilité musculaire après un test d'effort prolongé (décrément > 30 % du potentiel d'action musculaire composé). La biopsie musculaire peut donner des résultats non spécifiques (atrophie des fibres musculaires avec vacuoles). Le diagnostic moléculaire est possible grâce à l'analyse des gènes responsables identifiés à ce jour.

Diagnostic(s) différentiel(s)

Les diagnostics différentiels visent à écarter la paralysie périodique hyper/normokaliémique, le syndrome d'Andersen-Tawil et l'hypoPP secondaire causée par des maladies rénales ou endocriniennes telles que la thyrotoxicose (paralysie périodique thyrotoxique).

Diagnostic prénatal

Une fois que le variant pathogène a été identifié chez un membre de la famille affecté, des tests prénataux et des tests génétiques préimplantatoires sont possibles mais rarement réalisés, le pronostic vital n'étant pas engagé.

Conseil génétique

L'hypoPP est transmise sur le mode autosomique dominant avec une possible pénétrance incomplète, surtout chez les femmes. Le conseil génétique doit être proposé aux familles concernées. Quelques cas sporadiques de mutations de novo ont été rapportés. Le risque de transmission du variant pathogène par le probant à sa descendance est de 50 %.

Prise en charge et traitement

La prise en charge des patients consiste à administrer un traitement médicamenteux et à éviter les facteurs déclenchants. Une activité physique douce et l'ingestion de sels de potassium par voie orale au début des crises permettent d'atténuer ces dernières. Des crises sévères nécessitent une prise en charge médicale plus intensive avec une perfusion intraveineuse de potassium. Une supplémentation quotidienne en potassium ou la prise d'inhibiteurs de l'anhydrase carbonique (acétazolamide, dichlorphénamide) ou de diurétiques épargneurs de potassium, aident à prévenir les crises. Un régime pauvre en glucides et riche en potassium est recommandé. Il n'existe pas de traitement curatif connu pour la myopathie liée à l'hypoPP. La physiothérapie peut aider à maintenir la force et les capacités motrices.

Pronostic

Avec l'âge, la fréquence des épisodes diminue mais certains patients peuvent développer une myopathie chronique de gravité variable qui peut entraîner une faiblesse musculaire permanente.

Dernière mise à jour : juillet 2020 - Editeur(s) expert(s) : Dr Savine VICART
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