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Fibrose pulmonaire idiopathique
Pneumonie interstitielle de pronostic défavorable, caractérisée par la formation progressive de tissu cicatriciel dans les poumons en l'absence de toute cause connue.
ORPHA:2032
Niveau de classification : Pathologie
- FPI
- Fibrose interstitielle diffuse idiopathique
Prévalence : 1-5 / 10 000
Hérédité : Multigénique/multifactorielle
Âge d'apparition : Adulte
L'incidence de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) semble être en augmentation. Les incidences rapportées oscillent entre 0,2/100 000 par an et 94/100 000 par an. La prévalence estimée serait plus importante chez les hommes que chez les femmes.
L'âge moyen d'apparition est de 66 ans. La FPI se manifeste d'abord par des symptômes d'essoufflement à l'effort et de toux sèche. L'auscultation des poumons révèle des craquements inspiratoires précoces, principalement localisés dans les zones pulmonaires postério-inférieures. Environ 50 % des patients atteints de FPI présentent un hippocratisme digital. La dyspnée d'effort progresse généralement sur une période de plusieurs mois à plusieurs années. Dans la pratique, les patients sont souvent mal diagnostiqués.
La cause n'est pas encore tout à fait élucidée. Selon l'hypothèse la plus récente, les facteurs environnementaux pourraient être à l'origine des micro-lésions pulmonaires qui, chez les personnes sensibles, s'accompagnent d'une perturbation du processus de régénération des tissus provoquant une formation continue de cicatrices dans le poumon, entraînant, in fine, une perte de la fonction pulmonaire.
La FPI est diagnostiquée par tomographie à haute résolution mettant en évidence des opacités réticulaires sous-pleurales, périphériques du lobe inférieur, associées à des modifications sous-pleurales en « rayons de miel ». La FPI est associée à une lésion connue sous le nom de pneumopathie interstitielle commune (PIC ou UIP pour usual interstitial pneumonia). La PIC consiste en une alternance des zones de parenchyme normal et des plaques de fibrose dense, sous la forme de dépôts de collagène. Le diagnostic de la FPI repose sur la corrélation des signes cliniques avec les résultats de radiographies. Si ces derniers ne sont pas concluants, on peut envisager une biopsie pulmonaire dont les conséquences et les risques associés doivent être évalués et discutés au préalable. Le diagnostic de la FPI peut être porté en présence des critères approuvés et publiés par des sociétés savantes.
Le diagnostic différentiel vise à écarter les autres pneumonies interstitielles idiopathiques, les maladies du tissu conjonctif (sclérose systémique, polymyosite, arthrite rhumatoïde), les formes frustes de maladies autoimmunes, la pneumopathie d'hypersensibilité chronique et d'autres facteurs environnementaux (parfois professionnels). Chez certains patients, la fibrose pulmonaire sera qualifiée d'inclassable si, malgré des examens approfondis, aucun diagnostic définitif ne peut être établi.
Un test génétique (en donnant tous les renseignements nécessaires à la famille avant sa réalisation) doit être envisagé lorsqu'un ou plusieurs membres de la famille du patient sont également atteints, un conseil à la famille quant aux conséquences éventuelles des formes familiales impliquant un variant génétique causal, notamment en cas de mutations de gènes codant pour la télomérase ou pour les protéines du surfactant.
Prise en charge pharmacologique : deux médicaments, la pirfénidone et le nintédanib sont approuvés par les directives internationales sur le traitement de la FPI. En plus d'être sûrs, ces médicaments ralentissent la progression de la maladie, mesurée en fonction du déclin d'environ 50 % de la CVF. Par ailleurs, des nouvelles molécules thérapeutiques ciblées ont été identifiées et plusieurs essais cliniques de ces nouvelles thérapies sont en cours d'évaluation. La prise en charge non pharmacologique vise à améliorer ou à préserver la qualité de vie, voire, dans certains cas, de prolonger la durée de vie. Parmi les mesures préventives recommandées figurent l'arrêt du tabac et la vaccination contre la grippe et les pneumocoques. L'oxygène d'appoint est recommandé pour les patients dont la saturation en oxyhémoglobine est inférieure à 88 %. Il réduit la dyspnée d'effort et améliore la capacité d'exercice des patients. La réhabilitation pulmonaire et les mesures visant à soulager les symptômes améliorent la qualité de vie des patients. Chez certains patients, on peut envisager une transplantation pulmonaire.
La survie médiane sans traitement se situe entre deux et cinq ans à partir du diagnostic.
Dernière mise à jour : juillet 2020 - Editeur(s) expert(s) : Pr María MOLINA-MOLINA - Pr M.S. [Marlies] WIJSENBEEK
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